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Vahirua : "J'aimerai marquer un but à la Ronaldo"

 

Prénom : Marama
Nom : Vahirua
Date de naissance : 12 mai 1980
Poste : attaquant
Clubs : AS Pirae (jusqu’en 1997), FC Nantes (1997/2004), OGC Nice (2004/2007), FC Lorient (depuis 2007)
Matches joués en L1 : 236
Buts en L1 : 54 (au 26 mars 2008)
Saison 2007-2008 : 26 matchs, 7 buts.

Souvent passeur décisif, qui sait se muer en buteur lorsqu’il le faut, Marama Vahirua dévoile les secrets de sa carrière. Pour toofoot.com, le pagayeur le plus célèbre de la Ligue 1 raconte son parcours.

 
Toofoot : Marama, quel est ton premier souvenir de football ?
Marama Vahirua : Mon premier souvenir d’une grande compétition, c’est la Coupe du Monde en 1994 aux Etats-Unis. J’étais un grand fan de l’équipe d’Argentine avec Maradona et Redondo. Mais les Argentins n’avaient pas réalisés une belle compétition (éliminée en huitième de finale par la Roumanie : ndlr). J’étais très déçu pour eux.
 
T : Comment se sont déroulés tes premiers pas dans le football ?
MV : A Tahiti, le football est une affaire de famille. Presque toute ma famille avait un lien avec ce sport. Mon grand-père était par exemple le président de l’AS Pirae, le club de mes débuts. J’y suis resté jusqu’à 17 ans, mais à 15 ans, je jouais déjà avec l’équipe Sénior.
 
T : Originaire de Tahiti, comment as-tu réussi à te faire connaître en France ?
MV : C’était à l’occasion d’un match de Coupe de France avec le club de mon île. Nous réalisions un déplacement à Saint-Priest. Je marque le premier but après 10 secondes de jeu, nous menons même 2-0 avant de perdre finalement 3-2. Mais j’ai semble-t-il marquer les esprits puisque mon nom était connu en raison de la notoriété du cousin de mon père (Pascal Vahirua).
 
T : Tu as donc été contacté assez rapidement par la suite…
MV : Oui, j’ai d’abord passé un test à Auxerre. Je devais rester deux semaines mais je n’y suis finalement resté que quatre jours. Il faisait vraiment trop froid là-bas pour moi. Guy Roux m’avait pourtant demandé de rester avec l’équipe, mais je suis rentré à Tahiti. Et quelques mois plus tard, j’ai réalisé un autre essai à Nantes. Il faisait déjà plus beau donc je suis resté. Au début, c’était très difficile car je ne connaissais personne. Et puis, c’était pour moi une autre façon de vivre, de nouvelles habitudes à prendre.
 
T : Et les études dans tout ça ?
MV : Lorsque je suis arrivé à Nantes, j’étais en seconde. J’ai continué les cours pendant environ un an en sport/études mais j’ai arrêté ensuite. Je ne pouvais pas allier le football et les études. Et puis, tout ça était très nouveau pour moi. Loin de mon île et de ma famille, il m’a fallu du temps pour m’adapter. Donc à cette période là, je n’avais pas vraiment la tête aux études.
 
T : As-tu joué à un autre poste que celui d’attaquant ?
MV : Oui, j’ai joué plusieurs fois gardien de but lorsque j’étais plus jeune. J’aimais bien ce poste d’ailleurs. Mais un jour, je suis rentré à la maison avec une blessure à l’épaule. Ma mère m’a alors demandé d’arrêter de revenir sur le terrain en tant que joueur de champ (rires).
 
T : Y a-t-il un exercice que tu détestes à l’entraînement ?
MV : Je déteste tout les jeux sans oppositions et sans ballon. Je pense que comme tous les footballeurs, j’aime avoir le ballon au pied. Malheureusement pour moi, c’était le jeu préféré de Reynald Denoueix (son entraîneur à Nantes : ndlr). A chaque fois qu’il nous faisait faire des exercices dans ce style, nous étions tous assez déçu. Mais en fait, je me suis rendu compte que c’est un travail qui se révèle être très utile à plus long terme. Il ne faut donc pas le négliger.
 
T : Quelle est l’action que tu rêves de réaliser ?
MV : Je pense sincèrement que c’est une action que je ne pourrai sans doute jamais faire. Je pense au but de Ronaldo avec Barcelone contre Compostelle lors de la saison 96/97. Il récupère un ballon au milieu de terrain, accélère et dribble toute la défense. Il y a vraiment tout dans ce but. La puissance, la technique et la finition.
 
T : Quels conseils pourrais-tu donner à des jeunes qui souhaitent de devenir footballeur ?
MV : Avant tout, de ne rien lâcher même si on te dit que tu n’es pas bon. Je pense à un exemple concret qui est celui de Julien Cardy que j’ai connu à Nantes. Le club ne l’a pas gardé mais il fait pourtant une carrière professionnelle puisqu’il joue à Metz et a joué à Toulouse. Rien n’est défini dans le football, tout peut arriver. Et il faut l’avouer, il faut aussi avoir une part de chance.
 
T : Enfin, que comptes-tu faire après ta carrière ?
MV : Je pense que la première chose que je ferai, c’est rentrer chez moi à Tahiti. Je ne me vois vraiment pas vivre ici, en France, après ma carrière. J’espère pouvoir faire progresser et faire profiter le football tahitien de mon expérience. Ce ne sera pas évident mais c’est certain que je rentrerai chez moi.
 
Interview réalisée par Baptiste Gautier le 26/03/2008.

 


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